Stabilisation

Stabilisation post-électrolyse

Après avoir réalisé l’électrolyse d’un ferreux plusieurs précautions sont à prendre pour éviter une ré-oxydation de l’objet nettoyé et purifié. La première d’entre elles est un rinçage de l’objet à plusieurs reprises pour éliminer tout reste de liquide électrolytique. La deuxième étape consiste bien évidemment en son séchage. En effet, l’eau est un des facteurs initiateurs de corrosion et elle peut empêcher l’application de revêtement protecteurs. Ce séchage doit être effectué progressivement. Enfin, il s’agit de préparer l’objet pour son exposition ou son stockage. Ce traitement peut être ajusté en fonction des conditions de conservation : intérieur, extérieur, zones exposées aux intempéries comme cela arrive parfois lorsqu’un canon restauré est placé en extérieur sur un rempart. Cette préparation de l’objet a pour but d’empêcher l’air et notamment l’oxygène qu’il contient ou encore l’humidité d’entrer en contact avec l’objet et d’initier/raviver sa corrosion. Pour ce faire il est nécessaire de déposer à la surface de l’objet une couche protectrice imperméable. Cette couche doit pouvoir être, dans la mesure du possible, retirée sans altérer l’objet. C’est généralement le cas avec les résines ou vernis qui peuvent soit être appliqués à la surface de l’objet avec un pinceau ou au pistolet ou encore dans lesquels l’objet est immergé. Cette dernière solution est bien meilleure puisqu’elle permet au polymère de pénétrer dans les porosités du métal et de ne laisser aucune zone non traitée. Plusieurs dépôts/immersions successifs peuvent être nécessaires en fonction de la géométrie et de la taille de l’objet. Ce type de revêtements durcisseurs présente également l’avantage de renforcer mécaniquement l’objet et de maintenir sa cohésion. Attention, la protection de l’objet ne sera efficace qu’une fois la polymérisation/le séchage de la résine ou du vernis réalisé.

Une autre possibilité est d’utiliser des bains d’huile. Cette solution est loin d’être la meilleure. En effet, l’huile, si elle présente l’avantage de pénétrer facilement l’objet, vieillit également très vite  et nécessite de nouvelles applications régulièrement. Il faut également être très précautionneux quant au choix de l’huile. Par exemple, les huiles moteurs, les dégrippants,…, possèdent dans leur formulation des produits corrosifs pour les ferreux. De même certaines huiles, comme l’huile de lin, présentent un pH acide qui font de ces huiles des composés agressifs. Enfin, les huiles lorsqu’elles rancissent sont   inefficaces en plus d’être malodorantes. 

Il est préférable d’utiliser les cires et notamment la cire microcristalline utilisée par les fondeurs et très facile à se procurer. Deux solutions sont alors possibles pour imprégner l’objet : soit la cire est fondue, soit elle est  dissoute. Cette dernière solution, la plus efficace, consiste à dissoudre la cire microcristalline dans un solvant comme du whitespirit et imprégner l’objet par trempage dans cette solution. Pour permettre une bonne pénétration de la cire à l’intérieur de l’objet il est pratique de chauffer l’objet au moyen d’un décapeur thermique par exemple et d’appliquer la solution avec un pinceau. Dés que l’objet refroidit, une fine couche de cire se forme automatiquement à la surface de l’objet. Plusieurs dépôts sont nécessaires pour obtenir un dépôt homogène et suffisamment épais. Une fois l’opération terminée, l’objet peut être lustré pour lui donner un aspect patiné. Attention, avec l’utilisation de whitespirit, il est préférable de travailler dans une pièce ventilée ou mieux en extérieur.

Les méthodes présentées ci-dessus, sont non destructrices et surtout réversibles. Un bain de solvant (ex. acétone) permet d’éliminer totalement ce type de dépôts protecteurs sans altérer l’objet.

 

                                                                       Thibaud pour la section 33

 

 

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